Vers une société sans violence

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Une société sans violence, est-ce possible ? Si nous en croyons nos élites, ce serait utopique de le penser. Mais l’est-ce vraiment ? Lorsqu’un individu a le choix entre coopérer paisiblement avec ses pairs ou les agresser, préférera-t-il vraiment la seconde option à la première ? Et si en réalité ce n’était qu’une minorité qui préférait l’agression à la coopération volontaire ? Pourquoi croirait-on que la violence est dans notre nature et par opposition, que la coopération ne l’est pas ?

La contradiction primitive

Notre société est construite autour de deux fausses prémisses. La première est que la nature humaine est intrinsèquement mauvaise et violente et la seconde, corollaire de la première, est que si la nature humaine est si mauvaise, il est impossible de laisser l’homme à lui-même. Il doit être dirigé par la force et la coercition. Il serait donc nécessaire d’institutionnaliser et d’organiser l’application de la violence afin d’empêcher les individus de donner libre-cours à leurs bas instincts. Seulement, si nous ne pouvons confier à l’homme la liberté de s’autogouverner, comment pouvons- nous confier à un homme ou un groupe d’hommes la gouvernance de millions de leurs semblables ? Ces hommes sont-ils meilleurs que les autres ? Poser la question, c’est y répondre. Ils ne le sont assurément pas. Quel genre d’homme peut souhaiter dominer ses semblables ? N’est-ce pas justement le genre d’homme dont l’État prétend nous protéger ? « Ce n’est pas que le pouvoir corrompt », dixit Frank Herbert, l’auteur du roman Dune, « c’est qu’il est magnétique aux corruptibles. »

Qui est le plus meurtrier ?

Sachant cela, peut-être ne devriez-vous pas être surpris d’apprendre que dans toute l’histoire humaine, l’institution de l’État a toujours été la plus meurtrière. Bien plus que tout autre groupe d’individus. Il est difficile d’obtenir des statistiques fiables, mais au XXe siècle seul, on estime que plus de 276,5 millions d’hommes, femmes et enfants ont péri, victimes de leur propre gouvernement, sans même compter les victimes des nombreuses guerres.  Il n’y a jamais eu et il n’y aura sans doute jamais pire que l’État pour le meurtre de masse. Guerres, génocides et démocides sont les produits exclusifs de l’État.

Le paradoxe issu de la contradiction

Le paradoxe ici est que pour notre société, il semble inacceptable qu’un individu ou un groupe privé utilise la violence et l’agression contre autrui ou contre leur propriété, mais il semble parfaitement acceptable sur le plan moral et juridique que l’État utilise impunément la violence pour le pillage et le meurtre à grande échelle. Et c’est supposément pour nous protéger de l’agression que l’État existe ? La vérité est que l’agression provenant d’individus et groupes privés est négligeable comparativement aux meurtres de masse commis par des gouvernements. Quel individu ou quelle organisation criminelle aurait pu être derrière le génocide arménien, la Shoah, la famine ukrainienne ou le Grand Bond en Avant de Mao ? Si l’on applique la même éthique et la même morale envers l’État et ses agents que le reste d’entre nous, nous ne pouvons que nous rendre à l’évidence. Loin d’être bienveillant, l’État, censé nous protéger des criminels, est lui-même une organisation criminelle qui est au-dessus de toutes les lois. Depuis des siècles, on nous fait croire que le centre de notre société doit être l’État, tout comme pendant des millénaires, nous avons aussi cru que la Terre était le centre de l’Univers. Mais tout comme il a fallu maintes contorsions pour expliquer le mouvement erratique des planètes dans le ciel face à la théorie géocentrique, autant faut-il faire des contorsions pour expliquer que, malgré l’existence de l’État au centre de notre société, l’exploitation et la violence existent toujours. Nous l’expliquons en disant que c’est la nature de l’homme et qu’il ne peut en être autrement, tout en ignorant que l’homme choisira généralement de vivre paisiblement quand il le peut et que seule une infime minorité choisira de vivre en agressant son prochain. Est-il donc nécessaire de monopoliser l’utilisation de la force dans les mains d’un seul groupe, placé au-dessus de ses propres lois, avec tous les dangers que cela comporte, pour résoudre un problème qui est, somme toute, mineur ?

Demain, la non-agression ?

Un principe très simple existe. Il dit que l’usage de la violence est inacceptable en toute circonstance, sauf pour se défendre d’une agression contre nous-mêmes ou notre propriété. Il nous donne également plein pouvoir de défendre notre personne et notre propriété en cas d’agression. Ce principe s’appelle le principe de non-agression. Il est très simple et facile à comprendre. Tout usage de violence ou menace d’usage de la violence contre l’individu ou sa propriété est un crime. Toute autre activité humaine est permissible. Contre ces crimes, nous avons tous les droits de nous défendre nous-mêmes ou d’engager un tiers pour le faire en notre nom. Pour qu’une société évolue sans violence, la solution est très simple. Il suffit de débarrasser la société de sa plus grande source de violence, l’État. Sans les crimes perpétrés par l’État et sans sa criminalisation de certaines activités paisibles et non-violentes, nous verrions l’incidence de la violence pratiquement disparaître. Il faut cesser de croire la fable qui dit qu’il nous est impossible de vivre paisiblement si nous ne sommes pas guidés de force par d’autres hommes, supposément plus éclairés que nous, mais tout aussi faillibles dans la réalité. Nous devons oublier que la bonté doit être imposée par coercition. L’homme n’a nul besoin du fouet pour apprendre à être bon. Il l’est déjà.

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2 réflexions au sujet de « Vers une société sans violence »

  1. Bonjour Philippe! Enchanté de faire votre connaissance.

    Un ami m’a fait connaître ce site, que je viens d’inclure dans mes favoris car le concept du volontarisme m’intéresse depuis longtemps. Grand merci pour votre effort éducatif à la population; je vous souhaite bonne inspiration pour les articles à venir.

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